Le fil rouge de la première édition du festival fut l’exposition du peintre russe Stas Borodine.

Le premier festival s’est déroulé du samedi 3 au vendredi 9 octobre 2015 avec une vingtaine d’événements et plus de 1000 spectateurs ou participants aux différents événements. Des artistes sont venus de toute la Russie, de Saint-Saint-Saint-Pétersbourg à Irkoustk, accueillis par une équipe d’une quarantaine de bénévoles présente sur tous les fronts lors de cette semaine dense.
Première étape de ce voyage en Russie, l’exposition du peintre vedette à la Mairie du 6 e de Lyon. Stas Borodine exposait pour la première fois à Lyon alors qu’il compte plus d’une centaine d’expositions personnelles, dont 59 à l’étranger. C’est un peintre qui aime voyager et travailler en plein air. Toute sa peinture repose sur les nuances… Nuances des coloris et de son humeur. Ses toiles, qu’elles soient d’une délicate retenue ou bien d’une grande luminosité, exercent une attraction fascinante et invitent à la contemplation.

Un documentaire sur Stanislav Borodine, partiellement tourné à Lyon en février 2015 ainsi qu’un second documentaire sur le peintre Borissov, originaire du nord de la Russie et qui vécut en France, ont été projetés. Une rencontre-conférence avec Stanislav Borodine et le réalisateur de film Grigory Ozhegov a ensuite passionné le public, conquis par des paysages d’une incroyable beauté et l’aventure de ces artistes, maîtres du paysage et explorateurs des terres polaires.

Écrivain, traducteur, spécialiste de la Russie, Yves Gauthier a présenté la vie de l’artiste Vladimir Vyssotski, idole du peuple russe, par son livre « Un cri dans le ciel russe ». Chanteur, compositeur, acteur, sur scène ou à l’écran, Vladimir Vyssotski embrassa tous les genres où pouvaient s’exprimer son baryton écorché, son corps d’athlète, son sens dramatique et son inséparable guitare. Non pas en touche-à-tout éclectique et dispersé, mais en artisan d’un sur-genre dont l’horizon était la poésie ».

« La Russie Conviviale » au Monde en Bouche sur les pentes de la Croix-Rousse a proposé un dimanche en famille avec une multitude d’ateliers : Matriochka, coloration de Poupées Russes avec de la pâte à modeler, Podorozgnitsa, création de poupées en tissus qui selon le folklore russe protègent pendant le voyage, Kosichki, les fameuses tresses russes, l’Atelier de chant, de jeux de société russes, de pâtisserie traditionnelle.

En grande Première à Lyon, la projection du film « Bataillon » (Dmitry Meskhiev, 2015), un film spectaculaire sur les bataillons féminins créés durant la Première Guerre Mondiale en Russie, un épisode méconnu de la Grande Guerre. Au Printemps 1917, la Révolution de février a bouleversé la Russie et le cours de la guerre. Le souverain a abdiqué. Dans les tranchées, où le conflit avec les Allemands dure depuis plusieurs années, les Bolcheviques diffusent leur propagande. Ils appellent à faire la paix avec l’ennemi. Pour remonter le moral des troupes, le gouvernement provisoire crée le « bataillon de la mort », entièrement féminin et placé sous le commandement de Maria Bochkareva, une combattante déjà décorée de la Croix de Saint-Georges. Les membres du « Bataillon féminin » furent des exemples de bravoure, de courage et de sang-froid, exaltant le moral des troupes. Un film aux scènes de batailles à grand spectacle, avec une bande originale du film particulièrement réussie.

Autre aspect de la Russie, ses opportunités économiques : la CCI de Lyon a participée aux Saisons Russes avec une conférence économique sur les opportunités en Russie animée par Emmanuelle Vigne (Conseil en développement International sur les marchés d’Europe Centrale, Orientale et les pays de la C.E.I.), suivie par le témoignage d’entreprises ayant réussi en Russie.

Le Festival a ensuite emmené le public avec le journaliste français François Lespès dans l’un des centres spirituels de la Russie – Valaam, l’île des moines, située sur le lac Ladoga au nord de Saint-Pétersbourg. Son documentaire propose de découvrir la vie quotidienne des moines de Valaam, ordinairement cachée au regard des profanes. Une histoire sur la beauté des traditions chrétiennes racontée par des prêtres, des peintres d’icônes, des chantres, qui sont arrivés au monastère par des chemins différents mais en quête d’un même but.

Un Voyage en Bouriatie, la Terre des chamanes, c’est l’invitation d’Alexandre Arkhinrcheev et Mounko Dondokov deux artistes multi-instrumentistes qui forment le remarquable Duo Shono (« loup »en langue bouriate). Leur musique est un mélange étonnant de sons instrumentaux traditionnels ainsi que de poésie épique bouriate et de chant guttural diphonique. Les deux musiciens utilisent toute une variété d’instruments et les emmènent au-delà de leur fonction musicale. La fonction ornementale est présente dans le moindre objet comme cet instrument en forme d’œuf d’un vert vif, qui évoque le printemps et ses nouvelles pousses. Il est rempli de grains que Munko s’amuse à secouer aux rythmes des chants qui accompagnent les légendes et les épopées bouriates, interprétés à merveille avec les techniques vocales diphoniques.

Deux concert-événements ont clos cette première édition du Festival « Les Saisons Russes », tous deux portés par l’exceptionnel ensemble musical « Doros », le premier à l’église Saint-Pothin, le second à la Basilique de Fourvière. Porteur de la tradition musicale russe avec son répertoire de chants spirituels et folkloriques, ‘Ensemble Doros interprète habituellement la musique sacrée dans le cadre exceptionnel de ses concerts dans la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux de Moscou, sur la Place Rouge. Ces cinq voix exceptionnelles font entendre la profondeur unique des pièces des XVIIIème et XIXème siècles.